Ateliers d'artistes Notre Dame des Champs
L’hôtel particulier du peintre William Bouguereau (1825-1905) est situé dans une voie privée, au niveau du 75 rue Notre-Dame-des-Champs.
L’édifice a été construit en 1866 par l'architecte Jean-Louis Pascal (1837-1920), surtout connu pour avoir été l’inspecteur des travaux de l'Opéra de Paris auprès de Charles Garnier, puis l’auteur de la magnifique salle ovale de la Bibliothèque nationale de France. La bâtisse, la seconde de la voie privée, possède une belle façade blanche agrémentée de frontons et de pilastres. Côté jardin, sous un fronton triangulaire, s'élève la grande verrière de l'atelier, orientée nord-est. L'atelier jouit d'une hauteur de près de sept mètres, ce qui permettait au peintre de réaliser ses tableaux de grand format.
En cette fin de XIX e siècle, William Bouguereau est une figure majeure de la peinture académique française. Déjà, le jeune Bouguereau frappe les visiteurs du Salon en 1848 avec son Égalité. Lorsque l’ange de la mort étendra sur vous son linceul, à quoi vous aura servi la vie si vous n’avez fait le bien sur la terre », puis en 1850 avec son Dante et Virgile, toutes deux au musée d’Orsay. Cette année-là, il remporte le prix de Rome, sa carrière est lancée. À partir de 1866, le marchand de tableaux Paul Durand-Ruel prend sa carrière en main, Bouguereau devient célèbre, notamment aux États-Unis où l’essentiel de son œuvre est conservé.
L’immeuble situé au 70bis de la rue Notre-Dame-des-Champs dissimule une grande parcelle où se situent au moins trois immeubles et quelques ateliers. Des dizaines et des dizaines d’artistes ont habité les lieux. Parmi les plus célèbres, on peut mentionner le jeune Jean-Léon Gérôme (1824-1904) en 1861 qui surnomma son atelier la boîte à thé en raison de sa décoration chinoise ; surnom qui perdura avec le peintre Gustave Brion (1824-1877).
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| Gustave Brion |
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| Jean-Léon Gérôme |
Les Années folles voient passer Paul Jouve (1878-1973) qui y réside longuement. Jouve, l’une des figures marquantes de l’Art déco, est surtout connu pour ses représentations animalières.
Le peintre Yasushi Tanaka (1886-1941) s’installe dans le quartier dès 1924 en compagnie de sa femme américaine Louise Gebhard Cann. Il a exactement l'âge de Foujita.
Durant cette même période, sont recensées les artistes et résistantes Suzanne Malherbe dite Marcel Moore (1892-1972) et Lucy Schwob dit Claude Cahun (1894-1954).
Née Lucy Renée Mathilde Schwob à Nantes en 1884 dans une famille lettrée de la bourgeoisie juive, son père dirigeait un journal "Le Phare de la Loire et son oncle est l'écrivain Marcel Schowob. Claude Cahen était une grande amie de Desnos. En 1937 Claude Cahun et son amie Marcel Moore s'installent à Jersey dans une ferme. À leur retour leur maison est pillée.
Le photographe allemand Joseph Breitenbach (1896-1984) et son fils, grande figure du mouvement surréaliste, se réfugièrent à Paris en 1934. Ils sont bien recensés à cette adresse en 1936 et pourront fuir vers New-York en 1941.
Une cité d’artistes
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| Amédée Ozenfant |
L’Académie est mentionnée à cette adresse dès 1920, notamment dans une publicité insérée dans le catalogue de la 31 e exposition de la Société des artistes indépendants. La publicité indique bien l’« Académie moderne, atelier de peinture », et ses professeurs, à l’époque Othon Friesz, Raoul Dufy, Charles Camoin et Jean Puy qui proposent des « séances de croquis de 5 à 7 heures ». Fernand Léger était déjà membre de la société qui le mentionne à cette adresse au moins jusqu’en 1936. Dans une autre annonce datée de 1924, il est précisé que l’Académie ouvrait d’octobre à juillet, proposant le matin un atelier avec Othon Friesz, l’après-midi un autre avec Fernand Léger. En 1929, l’Académie dispense des cours de composition, peinture, dessin, cours de publicité, cours d’art théâtral et de cinématographie, avec comme professeurs : Jean Marchand, Alexandre Stoppelaëre, Fernand Leger, Amédée Ozenfant et Alexandra Exter.
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| Fernand Léger et ses élèves |
Ponctuellement, Fernand léger y donne des conférences, comme en avril 1932, traitant de : « L’objet, en art, contre le sujet ».À cette même adresse, l’Institut d’esthétique contemporaine - cours d’art Paul Bornet - est inauguré le 18 octobre 1928 par Monsieur Édouard Herriot, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. L’institut proposait des cours de dessin, peinture, sculpture, gravure, illustration, arts décoratifs et croquis. Par exemple, la séance de croquis avait lieu de 16h00 à 19h00 et coutait 2 francs. Son fondateur, Paul Bornet (1878-1949), est surtout célébré comme graveur, notamment sur bois.
Hôtel particulier de Louis Français 92 rue Notre-Dame-des-Champs, 139 boulevard du Montparnasse
Louis Français, artiste encensé de son vivant et totalement oublié par la suite. Le peintre Louis Français (1814-1897) monte à Paris en 1829, travaillant d’abord pour l’éditeur Paulin. En 1835, il devient l’élève du peintre Jean Gigoux (1806-1894) et commence une carrière d’illustrateur qu’il va poursuivre jusqu’en 1860. Il est également peintre, et surtout paysagiste, débutant au Salon de 1837. Sur les conseils de Camille Corot, Français séjourne en Italie à plusieurs reprises, de 1846 à 1849, puis de 1864 à 1866, enfin en 1873. Louis Français est un excellent peintre de l’école de Barbizon, mais qui parfois peut tomber dans une manière quelque peu convenue.
Louis Français résidait donc dans cet hôtel particulier au moins depuis 1867 ; il y décède le 28 mai 1897. La façade arrière possède une grande baie qui devait éclairer un atelier sur deux niveaux, atelier encadré de deux bow-windows. Dans les combles, un autre atelier, peut-être celui qui fut aménagé par l’architecte Georges Duval en 1891. Le jardin est aujourd’hui occupé par une construction quelque peu disgracieuse qui dissimule en grande partie l’ensemble, c’est bien dommage.
(Sources les ateliers de Montparnasse - 70bis Modiano et Christian Mazzalai )








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