Les milles vies de Lee Miller (suite)
2ème Partie Lee Miller Photographe, correspondante de guerre,
Les chambres noires de Lee Miller
de Jennifer Lesieur
édition Robert Laffont
En 1939, au déclenchement de la guerre, elle choisit de rester à Londres et s’investit progressivement dans les publications du Vogue britannique en tant que photographe de mode. Cette section montre l’utilisation dans ses clichés des ruines et des bombardements de Londres. Elle participe par ailleurs à la publication en mai 1941 de l’ouvrage Grim Glory : Pictures of Britain Under Fire (Gloire lugubre, images de la Grande-Bretagne sous le feu), qui témoigne de la vie quotidienne pendant le Blitz en mêlant célébration patriotique et humour noir.

Son œil et sa sensibilité s’attachent davantage à des détails signifiants, qu’au théâtre des opérations militaires.
En 1944, la voilà dans un Paris libéré. Elle s’est installée à l’hôtel Scribe avec les correspondants de guerre. Elle cherche ses amis, Picasso, Eluard… Elle est en compagnie du photographe de guerre David Sherman, confrère, ami, amant
Ses amis Surréalistes français : Boris Kochno, Lise Deharma, Elsa Triolet, Christian Bérard, Nusch Éluard, Dora Maar, revu après la guerre à Paris en 1944. Elle revient en France en 1944 pour couvrir la Libération et retrouver ses amis surréaliste.
En avril 1945, aux côtés du photographe de Life David E. Scherman, Lee Miller se rend à Dachau et Buchenwald juste après la libération des camps. Accompagnés d’un article (Believe it – juin 1945), certains de ses clichés publiés dans Vogue font état de sa sidération."Lee fut submergée par vingt et un mille survivants, tous des hommes, affamés, battus, torturés, malades du typhus. Ils étaient plus de cent dix mille en début d'année. Un tiers avait été évacué vers d'autre campa à l'annonce de la progression alliée. Opposants politique, communistes, Tziganes, Roms, résistants, juifs, de vingt nationalités différentes, forcés de travailler jusqu'à tomber d'épuisement." Les photographies de Lee Miller sont parmi les premières à révéler au grand public l’entreprise d’extermination de masse des nazis.
Le 30 avril 1945, juste après avoir photographié le camp de Dachau, Lee Miller se rend à Munich et entre dans l’appartement d’Adolf Hitler. Dans une photographie entièrement mise en scène et chargée de symboles, elle pose dans la baignoire du dictateur. Peu diffusée sur le moment, l’image est aujourd’hui considérée comme l’une des photographies les plus emblématiques de la fin du conflit mondial. Jusqu’en janvier 1946, Lee Miller photographie l’Europe et la Libération. Ces images reflètent la douleur et les privations mais également les laissés-pour-compte de la Libération, comme les femmes et les enfants. Miller confie ainsi à son éditrice : « Je préfère décrire les dégâts des villes détruites et des personnes blessées plutôt que de faire face au moral brisé et à la foi anéantie de ceux qui pensaient que “les choses allaient redevenir comme avant” ». À la fin de la guerre, elle se rend en reportage dans le camp de Dachau et pénètre l’appartement d'Hitler à Munich. Son autoportrait dans la baignoire restera gravé dans les mémoires.