Lieu de légende
Le bal de la rue Blomet de Raphaël Confiant
Au sortir de la Grande Guerre, la biguine, une musique nouvelle venue des Antilles, conquiert le Tout-Paris. Elle prend ses quartiers au Bal de la rue Blomet, au coeur de Montparnasse. Là, des célébrités (Joséphine Baker, Foujita, Ernest Hemingway, Robert Desnos, Man Ray...) croisent des anonymes, des ouvriers côtoient des intellectuels. Noirs, Blancs, métis, femmes du monde ou de petite vertu se mêlent dans un joyeux chahut, amours et amitiés se font et se défont sur des rythmes endiablés. " D'un seul coup, le Bal Blomet changea du tout au tout Sa réputation déborda les frontières de Montparnasse, atteignit Saint-Germain-des-Près et le Quartier latin."
C'est là que se rencontrent Anthénor Louis-Edmond, vétéran noir de la bataille des Dardanelles, Frédéric Clerville, jeune Mulâtre fils d'un brillant avocat de Fort de France en rupture de ban avec sa famille, Elise, domestique d'anciens coloniaux... Tous les trois sont martiniquais : destins croisés d'exilés sur fond de biguine, de valse et de mazurka en quête de l'amour vrai ou de jouissances immédiates...
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| "Bal Nègre de la rue Blomet" |
Avec sa verve incomparable, Raphaël Confiant redonne vie à ce lieux mythique, et plus généralement au Paris glorieux des Années folles, dessinant en filigrane la nostalgie
Au lendemain de la Grande Guerre, dans une ancienne grange du XVIIIe siècle, transformée en commerce de vins.
M. Alexandre Jouve est le propriétaire auvergnat du café-brasserie et bureau de tabac situé au 33, rue Blomet à Paris (15e) qui a donné naissance en 1924 au mythique Bal Blomet (initialement surnommé le « Bal Nègre » puis « Le Bal Colonial »).
C’est là que Jean Rézard des Wouves, un politicien martiniquais, installe en 1924 pour divertir son maigre auditoire, il termine ses meetings au piano, jouant les rythmes sensuels de la biguine, une musique des Antilles peu connue à Paris à l’époque.
Alexandre Stellio joueur de clarinette, martiniquais. Quand il commence à jouer tout le monde danse."- Fini la politique, messieurs-dames ! Nous allons maintenant nous douciner les oreilles grâce au grand clarinettistes, saxophonistes et violonistes de la Ville Lumière mais aussi d'Amérique et même sans exagération aucune, de l'univers entier. Béguine, valses créoles, mazurkas, créoles et même quadrilles attendent nos pas ailés. Que la fête commence"
Joséphine Baker au Folie Bergère
Jean Jouve le propriétaire du Bal Blomet
amène Anthénor au Folie Bergère.
"De la coupole qui surplombait la scène, un œuf énorme ou plutôt une boule, retenue par des câbles, se mit à descendre lentement, très lentement, décorée de bouquets de fleurs et se posa au milan des musiciens qui entamèrent alors un charleston. Des applaudissements éclatèrent tandis que l'étrange apparition s'ouvrait en deux découvrant une femme presque nue, les reins entourés par une ceinture de bananes, le visage burlesquement fardé et les cheveux réduits à une désopilante virgule sur le front."
" Le 33 de la rue Blomet était devenu une réplique en miniature des Antilles"
Il était une fois le Bal Blomet (en podcast)
"Un véritable bal nègre où tout est nègre, les musiciens comme les danseurs : et où l’on peut passer, le samedi et le dimanche, une soirée très loin de l’atmosphère parisienne parmi les pétulantes Martiniquaises et les rêveuses Guadeloupéennes. Robert Desnos poète dans la revue "comœdia" - Il se rendait souvent au Bal Blomet en tant que voisin.
Le Prince de Galles s’échappe d’une cérémonie officielle pour s’y encanailler et offre de généreux pourboires aux musiciens
