La Ruche


La Ruche : 2, passage de Dantzig

La Ruche d'hier pour les peintres sans le sous
La Ruche en 1918 © Fondation La Ruche-Seydoux

En 1895, le sculpteur Alfred Boucher (1850-1934) rêve d’un lieu dans lequel les jeunes artistes aux faibles ressources financières puissent exercer leurs talents artistiques. Il achète tout d’abord un terrain de 5 000 m² dans le 15 e  arrondissement de la capitale. Il y installe une rotonde, la Ruche, que Zadkine appelle le fromage de Brie, il ne s'est pas plus du tout à la Ruche. Certains éléments de cette construction proviennent de plusieurs pavillons, notamment celui des Vins, employés lors de l’Exposition universelle de 1900. Autour, il dispose des ateliers et des jardins. Plus tard, il construit une salle d’exposition ainsi qu’un théâtre de plusieurs centaines de places. La propriété est fermée par un portail récupéré au palais de la Femme, l’un des pavillons de l’Exposition universelle  conçu par Gustave Eiffel.

Le nom « Ruche », est donné par son créateur qui voit en ce lieu un espace dans lequel les artistes, tels des abeilles, bourdonnent de créativité.  La Ruche dans les années après la Grande Guerre :

Peinture de la Ruche
 © Fondation La Ruche-Seydoux
" Dans le quartier de Montparnasse dans les ateliers de "la Ruche" ou de la rue Delambre Lucien croise souvent les laissés-pour- contre de la guerre. Le peintre Soutine est devenu un sans domicile fixe, après s'être blessé lui-même de la chaine des obus ." (source la splendeur es Brunhoff de Yseult Williams) La Ruche accueille artistes et artisans sans discrimination dont une bonne partie est devenue célèbre par la suite dans le monde de l’art. Parmi eux, l’on peut citer Constantin Brancusi, Fernand Léger, Chaïm Soutine, Marc Chagall ou encore Pablo Picasso.  Les ateliers sont exigus et peu confortables,  cet immense phalanstère artistique. 

Durant les années vingt, les artistes immigrés d’Europe de l’Est se succèdent et l’entretien du bâti et des jardins n’est pas assuré : la Ruche se dégrade, de même que la qualité de vie et de travail de ses occupants.

 Avec la disparition de son créateur, Alfred Boucher, en 1934, la Ruche est vouée à disparaître, d’autant que le lieu est en mauvais état. Pendant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation, la plupart des artistes sont contraints à l’exil. Lors de la Libération, les locaux sont utilisés comme abattoirs avant que la Ruche redevienne un lieu de créativité pour les artistes, sous l’impulsion du peintre Rebeyrolle. Mais le lieu n’a rien à voir avec la Ruche d’antan. Un temps, il est question de transformer les ateliers en logements HLM, mais un comité de défense, soutenu par Marc Chagall et André Malraux aura eu raison de ce projet. Un généreux don de la famille Seydoux enclenche les travaux de rénovation de l’ensemble du complexe. En 1972, la Ruche est inscrite au titre des Monuments historiques.

J'ai profité des Journées du Patrimoine pour visiter ce lieu exceptionnel !






























(source les Ateliers de Montparnasse)