Visite du quartier de la Nouvelle Athènes


 Durant l'été, avec le musée de la vie romantique j'ai participé à une excellente et fort sympathique visite guidée dans le quartier de la  Nouvelle Athènes (le sud de Pigalle). Au début du XIXe siècle, ce quartier est né entre Notre-Dame-de-Lorette et Pigalle. Le receveur des finances Augustin de Lapeyrière et l’architecte Auguste Constantin construisent  de nombreuses villas et demeures inspirées des architectures grecque et italienne. Les artistes français se passionnent pour  l'antiquité grecque. C'est en pleine période romantique que ce quartier prend  le nom de Nouvelle Athènes. C'est pour cette raison que la visite guidée a  commencé au  musée de la vie Romantique. 


C'est dans l'un des ateliers du peintre Ary Scheffer qu' il y recevait régulièrement les grandes figures artistiques et littéraires du romantisme : George Sand, Frédéric Chopin, Eugène Delacroix ou encore Franz Liszt. Ils assistaient au salon littéraire qu'il organisait. 

Certains d'entre eux habitaient le quartier.  Les comédiennes de la rue de la Tour-des-Dames. Au début du XIXe siècle, plusieurs grands comédiens et comédiennes s’y font construire de magnifiques hôtels particuliers, chacun cherchant visiblement à rivaliser avec ses voisins ! 

Au numéro 1 se trouve l’ancien hôtel de Mademoiselle Mars.Elle était célèbre comme comédienne du Théâtre Français. Sa façade néoclassique était alors considérée comme l’une des plus belles de la Nouvelle Athènes. Il fut construit en 1746 et appartint, entre autres à François Mahé de Bourdonnais, gouverneur aux Indes, au navigateur Louis-Antoine de Bongainville, au maréchal d'Empire Gouvion Saint-Cyr.  Mademoiselle Mars l'acheta en 1824 et le fit modifier par Visconti. Elle l'a occupé jusqu'en 1838. En 1840, l'hôtel fut racheté par le conte de Wagram. 

Au numéro 3 vivait sa grande rivale, la tragédienne Mademoiselle Duchesnois. Elle fit construire en 1822 cet hôtel par Constantin . Elle fit de cet demeure le rendez-vous des gens de lettres dont Victor Hugo. Sa rivale de la Comédie-Française l'a obligé de quitter le théâtre en 1833. À ce moment là, elle a vendu son hôtel particulier. 




Elle porte le nom de Catherine de la Rochefoucauld, ancienne abbesse de l'abbaye de Montmartre  de 1737 à 1760, sur les terrains de laquelle elle fut ouverte. Musée national Gustave Moreau au 14 rue de-La- Rochefoucauld, est un musée du quartier de la Nouvelle Athènes  remarquable. 
Espace La Rochefoucauld Cet ancien hôtel particulier est le fleuron du Groupe Formeret






L’église de la Trinité

Achevée en 1867 : elle mesure  90 m de long, 34 m de large, 30 m de hauteur et son clocher qui culmine à 65 m de hauteur. Les obsèques de Gioachino Rossini, d’Hector Berlioz et de Georges Bizet y furent célébrées. 

Le square d’Orléans 




Une résidence privée organisée autour d’une cour et d’une fontaine centrale. Son architecture s’inspire des squares londoniens. George Sand et Frédéric Chopin y ont vécu, tout comme Alexandre Dumas. Ce dernier y aurait organisé une immense fête réunissant plusieurs centaines d’invités.



Place Saint-Georges

Au numéro 27, l’hôtel Dosne-Thiers fut la demeure d’Adolphe Thiers et de son épouse Élise Dosne. Il abrite aujourd’hui une bibliothèque spécialisée dans l’histoire du Premier Empire et du XIXe siècle. 





Juste en face, l’ancien hôtel de la Païva , avec son abondante décoration néo-Renaissance. La célèbre courtisane Esther Lachmann, devenue marquise de Païva.



Le monument consacré à Paul Gavarni. Ce dessinateur et caricaturiste s’est notamment fait connaître pour ses représentations des « lorettes », ces jeunes femmes élégantes entretenues par de riches admirateurs et très présentes dans le quartier au XIXe siècle.


L’église Notre-Dame-de-Lorette

Construite entre 1823 et 1836 par l’architecte Hippolyte Lebas, elle correspond parfaitement au style donné à la Nouvelle Athènes : une façade inspirée des temples grecs et un intérieur rappelant les grandes basiliques italiennes.




La place Gabriel-Kaspereit et l’avenue Frochot

Place Gabriel-Kaspereit.et sa grande verrière Art déco inspirée des estampes japonaises entre autre la vaguer Hosakaï. L’hôtel particulier construit ici en 1837 fut transformé en cabaret dans les années 1920 sous le nom de Shangaï, avec un décor mélangeant assez librement inspirations chinoises et japonaises.






Juste à côté se trouve l’entrée de l’avenue Frochot, l’une des voies privées les plus mystérieuses du quartier. Alexandre Dumas, Victor Hugo, Toulouse-Lautrec, Edgar Degas, Django Reinhardt ou encore Jean Renoir ont vécu dans cette allée bordée de maisons et de jardins.


l