Adèle Hugo : Portrait


Adèle Hugo 
(ses écrits, son histoire)
Laura el Makki
Préface par Isabelle Adjani 

C'est un ouvrage hybride à la fois une biographie, un journal, illustré de nombreuses photos.  
C'est la fille de Victor Hugo. Adèle Hugo, était un enfant sensible et fragile. Elle a tenu un journal. Ce journal a servit à Truffaut  pour la réalisation du film puisque c'est grâce à lui que nous connaissons sa personnalité et sa défiance mentale. 


"Je m'appelle Adèle, simplement Adèle, c'est mon nom. " Adèle s'est aussi le prénom de sa mère. Elle est la petite dernière, elle a du se battre pour trouver sa place. Elle refuse le mariage arrangé et trouver l'homme de sa vie n'est pas une mince affaire. Elle voit le jour le 24 août 1830, au 9 de la rue Jean Goujon. Elle a grandit heureuse 6 de la place Royale (actuel Place des Vosges). Le bonheur sera de courte durée car elle a treize ans à la mort tragique de sa grande sœur Léopoldine. En décembre 1851, Victor Hugo est académicien et député. 

  Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, dont le mandat ne peut être prolongé fait d'un coup d'État auquel Victor Hugo tente en vain de s'opposer en organisant la résistance.  Le 2 décembre 1851, dans l'appartement familial du 37 rue de  la Tour-d'Auvergne c'est là que les Hugo reçoivent les amis fidèles Saint de Beuve (le parrain d'Adèle), Louise Colet (la compagne de Gustave Flaubert), Pierre Jean Belanger et  Rosa Bonheur. Ses parents souhaiteraient qu'elle se lie avec  Auguste Vacquerie, frère du mari de Léopoldine, morte noyée en 1843. Il est à Jersey aussi avec la famille Hugo.  Mais Adèle a un faible pour le sculpteur August Clésinger et Delacroix ami de la famille. Victor Hugo est menacé il s'en va d'abord en Belgique.  L'exil va durer vingt ans,  Jersey et ensuite Guernesey, il plonge la famille dans l'inconnu.  Sur les conseil de son père, elle tient un journal mais à Paris déjà, elle avait commencé à tenir son propre journal. "L'île de Jersey est d'une beauté exquise et unique. C'est un jardin en fleur, baigné par la mer. C'est un bouquet trempé dans l'Océan, qui a le parfum de la rose, et l'amertume de la vague."
Charles s'initie à la photographie et il prend son père comme modèle. 
Ce sera le " Journal de l'Exil ", un document scrupuleusement rédigé par Adèle et relu, amendé et corrigé par tous les membres de la famille. 
Parallèlement à ce journal commun, il y a un journal intime écrit par Adèle à l'abri des regards. Adèle prend des leçon d'anglais avec John Rose, elle le courtise, elle cherche à lui plaire. Ìl est décédé au mois de juillet 1853. Victor Hugo reçoit la visite à Jersey de Delphine de Girardin, femme de lettres et elle organise des Salons littéraire à Paris et son mari est le journaliste Émile de Girardin. Elle va initié et faire découvrir les joies du spiritisme aux Hugo à son arrivée le 6 septembre 1853 à Marine Terrace.
Les  tables tournantes connaissent une grande vogue dans les salons parisiens. Après le diner, la séance de spiritisme commence,  un guéridon  carré, et l’interroge. Il ne répond pas. Le lendemain, elle achète  un guéridon rond monté sur un pied , et n’obtient pas un meilleur résultat. Le soir du 11 septembre, les esprits répondent enfin. Les Hugo et en particulier Adèle vont devenir de grand adepte des tables tournantes. 27 avril 1854 dans son journal Adèle Hugo écrit " Oui, je crois au surnaturel, il y a mieux, je vis dans le surnaturel. La nuit, ma chambre se remplit de bruit étranges ; l'on frappe dans mon mur ; on remue les papiers : des bruits inexplicables se font entendre."
 
Lorsqu’elle rencontre Albert Pinson, jeune officier anglais, elle croit à une histoire passionnée. Car il est un visiteur régulier de Marine Terrace. Qui n'est pas réciproque. Parmi les visiteurs qui se rendent à Marine Terrace, le grand violoniste hongrois Eduard Reményi enchante la famille. 


Augustine Allix chante quelques poèmes des Châtiment de Victor Hugo en compagnie d'Adèle chanteuse novice. Adèle joue du piano depuis l'enfance, elle trouvera sa place en tant que musicienne. Elle est la seule de sa famille à connaître le solfège et la pratique d'un instrument.François-Victor entame des travaux d'écriture plus particulièrement de traduction.Il souhaite traduire l'œuvre complète de Shakespeare. Mme Hugo débute une biographie de son mari. 

Le soldat quitte les îles et Adèle décide de le suivre. Elle traverse seule l’Atlantique dans un excès d'érotomanie "Pourquoi ne pas mourir, jeune, belle, et emporter nos deux âmes dans le ciel ?" écrit-elle, le cœur saignant. Elle invente des gestes, des regards que Pinson ne lui adresse plus. À Halifax au Canada, puis à la Barbade, elle erre, hagarde, sans repère et surtout sans Albert. Retrouvée épuisée, méconnaissable, elle est ramenée en France.
 

 "Je suis jeune, belle, un caractère de fer, un esprit souple. Je suis essentiellement la fille reine de Victor Hugo." Cette fierté ne fait que rendre plus déchirante sa chute progressive vers l’isolement. "Que trouvera-t-on après la tombe ? Après tout, à mon âge, la vie est bien belle, la mort est bien laide."
 

Poème de Victor Hugo  intitulé À ma fille Adèle (1856)

"Tout enfant, tu dormais près de moi, rose et fraîche,
Comme un petit Jésus assoupi dans sa crèche ;
Ton pur sommeil était si calme et si charmant
Que tu n'entendais pas l'oiseau chanter dans l'ombre ;
Moi, pensif, j'aspirais toute la douceur sombre
Du mystérieux firmament."

Le début d'une série de maladies mentales qui la conduiront en maison de santé à la fin de sa vie. Elle y meurt le 21 avril 1915, à Suresnes, à l'âge de 85 ans, dans une solitude absolue. Les obsèques de la seule enfant ayant survécu au célèbre écrivain sont célébrées à Saint-Sulpice.