Ida Deurbergue


 











Ida Louise Deurbergue est née le 7 novembre 1857 à Vaugirard, dans la maison familiale située sur le boulevard bordant Paris qui est maintenant le boulevard Pasteur. Son père, Hippolyte (1819-1898) est imprimeur-lithographe. Après de nombreuses années chez Plon, il installe là sa propre imprimerie en 1875.
Ida est inscrite à l’école professionnelle Élisa Lemonnier au 70 de la rue d’Assas où elle obtient un prix de chant en 1870. En 1877, elle intègre l’école de dessin de madame Thoret, 29 rue du Vieux Colombier qui prépare les jeunes filles aux professions des arts décoratifs et au professorat. En 1879, elle obtient le brevet de capacité pour l’enseignement du dessin de la Ville de Paris, mairie pour laquelle elle travaille de 1880 à 1918. Elle débute à l’école communale de filles de la rue Jouvenet (16 e ) puis en 1882, elle devient maîtresse titulaire à l’école centrale de dessin, rue Laugier (17 e ). L’année suivante, elle est transférée près de son domicile, dans l’école de la rue Quinault (15 e ). À partir du 1 er  octobre 1918, elle obtient une allocation annuelle pour sa retraite.
Parallèlement à l’école de dessin de madame Thoret, elle est inscrite à l’atelier dirigé par Jean-Jacques Henner (1829-1905) et Carolus Duran (1837-1917), rue Notre-Dame des Petits-Champs, ouvert aux femmes et aux étrangers qui ne peuvent pas accéder aux ateliers de l’école des Beaux-Arts.
Ida participe à de nombreuses expositions, notamment au Salon des artistes français où elle présente ses œuvres de 1879 à 1911, proposant un ou deux portraits par an, au pastel à partir de 1893. Elle prend part également au Salon des Femmes Peintres et Sculpteurs de 1891 jusqu’en 1933. D’ailleurs, elle est élue membre du comité organisateur de ce salon en 1898. De 1908 à 1912, elle expose quelques natures mortes au salon organisé par la Société nationale d’horticulture qui a lieu deux fois par an, cours la Reine. Elle meurt à Paris le 15 avril 1934.
L’atelier occupé par Ida Deurbergue est toujours conservé, au 3 de la rue du Docteur Roux, et son historique peut être pour partie reconstitué. En fait, les Deurbergue possédaient un vaste terrain longeant le boulevard Pasteur (Boulevard d’Issy jusqu’en 1864, puis de Vaugirard, puis en 1896, boulevard Pasteur. La numérotation a été modifiée en 1896) entre la barrière de Vaugirard et celle des Fourneaux, qui sera coupé en deux parties distinctes lors du percement de la rue du Docteur Roux (jusqu’en 1934, rue Dutot).
En effet, le décret du 16 août 1883, déclare le prolongement de la rue du Docteur Roux jusqu’au boulevard Pasteur d’utilité publique. L’année suivante, la propriété des Deurbergue située aux numéros 113 et 115 du boulevard est considérée comme cessible dans son entièreté. Dans les faits, la propriété est finalement coupée en deux par la rue du docteur Roux. Les Deurbergue conservent d’un côté les numéros 2 et 4, et de l’autre côté le 3.
En 1885, les Deurbergue déposent une première demande en autorisation de bâtir pour un pavillon d’habitation et ateliers situé au 3 de la rue ; les travaux sont sous la conduite de l’architecte Jean Dabernat (1834-1903). La propriété se compose d’un bâtiment d’habitation de deux niveaux donnant sur la rue elle-même, avec en fond de cour, une maison d’habitation, et quatre ateliers d’artistes. Ce sont peut-être ces constructions en fond de cour qui furent construites à partir de 1885. L’atelier donnant sur rue est une construction ancienne qui se trouvait dans la cour de l’ancienne maison, avant la percée de la rue.
Une seconde demande est déposée en 1890, pour construire au 2 de la rue, sous la conduite de Jean Bertot, un immeuble de rapport toujours conservé « élevé d’un rez-de-chaussée sur caves et de cinq étages carrés et sixième étage sous comble ». Pendant longtemps, Ida avait son atelier au 3, et logeait avec sa mère au deuxième étage du 2.