Ary Scheffer - Le Musée de la Vie Romantique



 Ary Scheffer est né en 1795 à Dordrecht, aux Pays-Bas. Son père, Johann-Bernhard, est portraitiste et peintre d’histoire, sa mère, Cornélia Lamme, pratique la miniature. Ses deux frères, Charles-Arnold (1796) et Henry (1798), partagent cette vocation artistique. En 1806, Johann-Bernhard est nommé peintre à la cour de Louis-Napoléon, roi de Hollande, mais il meurt en 1809. Il s’installe à Paris avec sa mère et ses frères en 1811. Il entre dans l’atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin, où il se lie d’amitié avec Géricault et Delacroix, figures majeures de la future école romantique. En 1819, il expose pour la première fois au Salon du Louvre. Entre 1818 et 1830, aux côtés de son frère Charles-Arnold, journaliste au Globe (le journal des Saints Simonien) , Scheffer fréquente l’entourage du général La Fayette.
Les filles du Général La Fayette

 
Marquis de La Fayette à la fin de sa vie

Benjamin Franklin 


Les 3 filles de Georges Washington Lafayette









Son atelier devient alors un lieu de rencontre privilégié pour les libéraux qui militent en faveur du duc d’Orléans.

En 1822, il est nommé professeur de dessin des enfants de la famille d’Orléans. Il accompagne notamment la princesse Marie d’Orléans dans ses débuts de sculptrice. 

Jeanne d'Arc
Princesse Marie d'Orléans 



En juillet 1830, Scheffer s’installe rue Chapetal, dans le quartier en plein essor de la Nouvelle Athènes, il devient père de  Cornélia sa fille unique. 

 Face au pavillon, il fait construire deux ateliers vitrés orientés Nord : l’un sert de lieu de travail, l’autre de salon de réception. Ce cadre devient le centre de son activité artistique, intellectuelle et mondaine pendant près de trente ans. 


En 1831, Ary Scheffer fait construire, dans la cour-jardin de sa maison de la rue Chaptal, deux vastes ateliers orientés au nord : l’un consacré à la peinture, l’autre conçu comme un espace de réception. Ce dernier devient rapidement un salon mondain où le portraitiste renommé de la monarchie de Juillet accueille le Tout-Paris artistique et intellectuel : 

Delacroix y vient en voisin ; Chopin joue régulièrement sur le piano Pleyel de Scheffer ; Liszt et Marie d’Agoult animent les soirées aux côtés de Rossini, Tourgueniev, Dickens, George Sand, Pauline Viardot , Charles Gounod ou encore la cantatrice Maria Malibran. 
Maria Malibran 
Pauline Viardot 











Ces fameuses rencontres du vendredi soir, bientôt connues sous le nom de « vendredis de la rue Chaptal », rassemblent une élite mêlant 

écrivains, musiciens, penseurs et hommes politiques. Grâce à ces réunions, Scheffer s’impose non seulement comme un peintre majeur du romantisme, mais aussi comme une figure centrale de la vie intellectuelle et culturelle parisienne.Artiste reconnu, il reçoit des commandes officielles, notamment pour le musée historique de Versailles, et forme de nombreux élèves, parmi lesquels Auguste Bartholdi, qu’il encourage à se tourner vers la sculpture.

Lors de la révolution de 1848, il aide la famille royale à quitter Paris et abrite rue Chaptal une partie de leurs collections. Après la chute de Louis-Philippe, il perd le soutien officiel dont il bénéficiait mais continue de recevoir des commandes privées et de donner des cours. Il est très ami avec le Rothschild James et Betty, il a réalisé le portrait de leur fille Charlotte. 

En 1850, il épouse Sophie Marin, veuve de son ami le général Baudrand, et obtient la nationalité française. En 1856, il perd son épouse et deux ans plus tard, en 1858, il meurt dans sa maison de campagne à Argenteuil.

Son corps est inhumé au cimetière de Montmartre. Sa fille Cornélia, unique héritière, rachète alors la maison de la rue Chaptal, jusque-là louée, et en fait sa résidence définitive, assurant la transmission d’un lieu déjà emblématique de la vie romantique parisienne.

Pauline Viardot - Cornelia Scheffer

Le portrait de la reine Marie Amélie en deuil après la mort de son mari le roi Louis Philippe. Portrait au Musées de la vie Romantique.