L'infante d'Espagne

 


L' Anniversaire de l'infante d'Oscar Wilde
Traduit par Francis Viélé-Griffin


Pour les douze ans de l'Infante d'Espagne, un somptueux divertissement a été organisé avant le goûter d'anniversaire, corrida, marionnettes, prestidigitateur, tous les numéros sont réussis...mais celui qui remporte le plus grand succès est celui du nain difforme et grotesque qui fait beaucoup rire les enfants. La pauvre créature ne connaît pas sa laideur, et croit à la sincérité de la princesse qui lui offre une rose blanche. 

« Ce que le nain avait peut-être de plus amusant était la totale inconscience de son aspect grotesque. En vérité, il semblait parfaitement heureux et plein d’entrain. Quand les enfants riraient, il riait aussi franchement, aussi gaiement qu’eux et, à la fin de chaque danse, il leur faisait la plus comique des révérences, souriant et leur adressant des signes de tête, tout comme s’il était vraiment l’un d’entre eux et non ce petit être contrefait que la nature, par quelques facétieux caprice, avait façonné pour servir à autrui d’objet de raillerie. »

Nain avec son chien

 Oscar Wilde montre très bien l'opposition de deux monde qui se rencontre, l'Infante est issue d'un monde clos et luxueux au milieu de jardins fleuris alors que le Nain vient de la forêt, un monde sauvage et de misère.  Un conte cruelle  (l'Infante prend le Nain comme étant un jouet reçu pour son anniversaire) comme bien souvent chez Oscar Wilde tout comme chez Andersen avec qui l'on peut faire le rapprochement.  
Ce conte appartient au recueil : Une maison de grenades (1891). 
Oscar Wilde s'est inspiré de ce célèbre tableaux de Vélasquez pour écrire son conte. 

La mort de la reine Isabel de Bourbon, en 1644, puis celle du seul prince héritier, deux ans plus tard, entraînèrent une crise dynastique en Espagne.
 Le roi devait donner un héritier aux Habsbourg ; il épousa ainsi en 1649 sa nièce Marie-Anne d’Autriche, fille de Ferdinand III. Cinq enfants devaient naître de cette union, dont le futur roi Charles II et l’infante Marguerite, le 12 juillet 1651. Marguerite à l'âge de trois ans, ce portrait de Vélasquez sera envoyé à  la cour de Vienne pour un éventuel mariage souhaité par ses parents. Sa destinée, la fait sortir de son enfance. 


Marguerite fut par ailleurs promise très tôt en mariage à son cousin l’empereur Léopold Ier, fils cadet de Ferdinand III.  Sur cette toile, Velázquez représente Marguerite à l’âge de huit ans. D’après les chroniques de l’époque, la petite fille était très belle et vive d’esprit. L’aspect enfantin de son visage contraste avec la richesse de son costume.

Marguerite est vêtue d’un guardainfante bleu, couleur peu commune chez Velázquez. Importé de France et très apprécié à la cour madrilène, le guardainfante est une armature de robe qui se développe en largeur et se pose sur les hanches. La robe de Marguerite est ornée dans sa partie inférieure de sept larges galons d’argent. Le corsage, également galonné d’argent, est garni d’un large col appelé valona cariñana. Parée de la chaîne de la toison d’Or, la princesse porte sur sa poitrine un nœud, la firmeza.