L'enfance dans l'art

 L'enfance dans l'art est un témoignage du passé, elle nous raconte le rôle assigné aux enfants dans la société et sur leur quotidien dans les milieux  aisés mais comme les milieux pauvres. Beaucoup d'enfants n'avaient pas le droit d'être des enfants de vivre une véritable enfance. Portrait sur commande idéalise d'être un enfant. 

 L'enfance est une période d'insouciance et de libération, c'est une période fondatrice, les souvenirs inoubliables. Reconnaître aux enfants de grandir dans un endroit sécurisant et épanouissant est un phénomène récent. 

De nos jours, on conçoit l'enfance comme une étape à part caractérisé par un besoin de protection et de soin, l'on perçoit l'enfant comme un individu. 

Raphaël
Mais juste au XVII°siècle, l'enfant n'était pas perçu comme un individu, qui vient au monde et s'épanouit librement. 

La peinture est un témoignage de la transformation de la perception de l'enfance. Le point de départ de la représentation  de l'enfant dans l'art est présente dans les tableaux de Marie et l'enfant Jésus. 

L'enfant a une mission pour le bien de l'humanité et devient un thème universel dans l'art occidental. 

Quand la religion commence à perdre de son influence que la perception de l'enfance va fondamentalement changer. 

Le XVII°siècle marque un tournant, une remise en question sur le regard porté sur l'enfant. Le motif de l'enfant évolue et à se diversifier considérablement. 

Au Pays Bas, c'est la bourgeoisie, portrait de famille mais en avant les enfants. Les enfants sont représentés comme des petits adultes, la liberté est restreinte, le contrôle et la maîtrise de soi. Les enfants doivent grandir suivant leur rang. 

La mort infantile est très présente, des familles bourgeoise réalise le portrait de l'enfant pour l'immortalisé. Les enfants deviennent une vitrine de leurs parents. 

le « Portrait d’une jeune fille cueillent des raisins» (huile sur toile, vers 1638/40) peint par Johannes (Jan) Mijtens (1613/14-1670). Nous nous trouvons à la lisière d’une forêt où coule un ruisseau. Une jeune fille de 10 ou 12 ans, interrompt sa cueillette pour nous regarder. Deux aspects  symbolique picturale ressort du tableau  : d’abord le raisin qui suggère l’innocence mais peut aussi constituer le simple élément d’un décor champêtre. Puis le pavot qui figure au premier plan à gauche dans le bas du tableau : il symbolise généralement la fertilité. D'ailleurs  c'est pour cela qu'elle n'est pas représentée comme une enfant mais comme une jeune femme. Il y a des chances pour que ses parents cherche un bon parti pour qu'elle se marie. 


Le faucon symbolise le pouvoir chez les garçons. 
La fauconnerie se développe alors largement en Europe et tend à devenir un privilège noble voire royal. Sous Charles VI est créée la charge de grand fauconnier de France qui subsiste jusqu'à la Révolution ! Le faucon, demeure encore aujourd'hui un symbole d'action et de noblesse.






Catharina Hooft avec sa nourrice

Les nourrices s'occupent des enfants en bas âges, et au Pays bas elles sont réservées aux familles riches. Elles allaitent les tout petits naturellement. Dans la peinture elles sont légèrement en retrait du jeune enfant. Catharina Hooft a un ou deux ans. Le peintre montre Cathriana dans l'opulence, elle tient  dans les mains un petit hochet en or jouet typique du XVI siècle. 



Au XVII siècle, on a une grande variété de représentation d'enfant, ceux de famille modeste, de paysans. Les enfants travaillaient dès leur plus jeunes âges pour contribuer à l'effort économique et éprouvé un travail physique éprouvant. 
Mais dans les tableaux des familles modeste, l'enfant est enjolivé, idéalisation et manipulation du réel. Le travail du peintre repose sur cette manipulation. Il projète un idéal. 
Espagne avec Bartolomé Murillo



Le peintre aime peindre des enfants de milieu modeste. Il met en scène ces enfants dans des paysages. Ces petits mendiants de Séville relève de la fiction. Leur image est enjolivée. Le peintre veut exprimer une critique sociale adressée à la haute société







À Londres, la monarchie britannique 
Charles II par Antoine Van Dyck


 Le portrait de Charles II par Antoine Van Dyck ressemble bien à un souverain. Il est présenté comme un adulte en miniature avec une mise en scène, une projection et non un reflet fidèle de la réalité. 

Van Dyck est nommé peintre officiel à la cour d'Angleterre. Il peint les souverains dans des mises en scène imposantes pour perpétué la dynastie. 
Les enfants sont représentés comme des futurs monarques. 


Chez Vélasquez : L'infante Marguerite dans les ménines, en vue d'un mariage à Vienne avec Leopold pour être impératrice à la cour d'Autriche

Elle se tient au centre entourée de ses dames de compagnie. On reconnait à l'arrière plan, le couple royal. Le peintre s'est lui même représenté. Marguerite est mise en valeur, elle a cinq et elle est l'héritière de la dynastie.

Le XVIIème siècle marque une rupture, les liens entre histoire, enfance et art. Une autre société est possible, époque de la raison et de la science, l'on remet en question les valeurs du passé et social. Avec les lumières l'on voit apparaître une pensée progressif  d'un monde meilleur. L'enfant devient intéressant car il incarne un passage de témoin vers ce monde meilleur. John Lock (médecin et précepteur anglais) : Reconnait l'enfant comme un individu à part entière. Il considère l'esprit de l'enfant comme une tabula rasa (une page blanche en latin). 
Au XVIIIème siècle Une autre société est possible, mais il faudra attendre soixante dix ans avec Rousseau avec son roman pédagogique  Emile ou l'éducation qui est une réflexion de la pensée de John Lock.  Son ouvrage ouvre un autre regard sur l'enfance, mais à la différence de John Lock, l'enfant est un être complet un individu quand il vient au monde, et de pouvoir s'épanouir. Son ouvrage fait scandale mais il est en plein dans l'air du temps. L'enfant est un étranger que nous adulte nous devons l'étudier pour acquérir des connaissances et fondé notre pratique éducative. Mais il ne nous explique pas comment l'enfant vit sa propre enfance. Le monde intérieur de l'enfance est un thème cher à Rousseau. 


Au XVIII°siècle, de nombreux tableaux représentent des enfants comme des individus sans leurs parents.La représentation des enfants est  plus libre et plus ludique Les enfants Marsham de Thomas Gainsborough en 1787. Le peintre peint avec une immense liberté les enfants Marsham. 
Le cadre est bucolique et naturel, le tableau montre une ouverture vers la nature. Leurs vêtements est fait pour eux, ils ne sont pas en représentation. 
Au XVIII siècle, l'attitude du modèle pour le peintre change, l'enfant prend une place plus importante, il s'individualise et il a une vie propre. Les enfants sont montrés comme tel. 


Joshua Reynolds peint des enfants idéalisés, il les montre pur, rêveur et souvent entrain de jouer. Le peintre a recourt à une lumière et une palette douce. Nouveau regard sur l'enfance, l'enfance a protéger du monde adulte. 


Thomas Gainsborough peint les enfants dans une veine plus réaliste, voir son tableau Les enfants Marsham. Il peint ses deux filles, la place de sa famille prend une place importante dans son oeuvre. Il connait parfaitement chaque trait de ses enfants. Tout n'était pas simple dans la famille Gainsborough, sa fille aînée Margaret a souffert de troubles psychiques. La plus âgée après  un mariage malheureux, elle a vécu avec sa plus jeune soeur. La cadette était perçu comme quelqu'un de bizarre et l'aînée comme de dérangée,  deux jeunes filles à la santé fragiles. 

Au XIX°siècle, la peinture montre toutes les facettes de l'enfance. L'apparition de l'industrialisation joue un rôle important, la misère dans les campagnes, des enfants perdus car pas scolarisé car ils doivent contribuer à aider leurs familles financièrement. 

Deux petites filles en pleine lecture

En France, Auguste Renoir dans ces tableaux avec les enfants arrive à merveille à traduire l'insouciance de l'enfance. 

Dans une approche réaliste, montre des tensions familiales. Il représente sa famille après la mort du grand-père avec une distance froide. 

Les enfants Helsenbeck
Le courant romantique en Allemagne avec Philipp Otto Runge. 
Toute la famille vit sous un même toit et les grands parents participent à la vie de famille. Il réalise des portraits d'enfants pour ses amis proches et connaissances. Les enfants Helsenbeck représentent trois enfants idéalisés qui peuvent joué en toute liberté et insouciance. 
L'on sépare l'enfance de l'âge adulte 




Au cours du XIX°siècle, apparait d'autre type d'oeuvres la photographie prend de plus en plus d'importance, elle apporte une nouvelle dimension capturer des jeux d'enfants éphémères. 

Texte tiré d'un documentaire allemand vu sur Arte 2025