La Comtesse Greffulhe

 

La comtesse Greffulhe de Laure Hillerin 

Véritable légende vivante dans le Paris incandescent de la Belle Epoque, la comtesse Greffulhe, née Elisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952), ensorcela pendant plus d'un demi-siècle le Tout-Paris et le gotha européen avant de s'effacer des mémoires, dévorée par l'ombre des Guermantes qu'elle avait inspirés.

J
e n'ai jamais vu une femme aussi belle , écrit à son propos le jeune Marcel Proust. 



Elisabeth de Caraman Chimay a dix huit ans et elle épouse 








Henry Greffulhe. Il a onze ans de plus qu'elle.  Ils forment un couple mal assorti. 

Elisabeth est la deuxième d'une famille de six enfants.
Elle est originaire de Belgique, elle est issue d'une famille de diplomate. Elle est mélomane, elle joue du piano. En un mot, elle reçu une éducation raffinée. Une fois mariée, elle est malheureuse dans une famille austère de son mari à la campagne.  Son mari a de nombreuses maîtresse.  Henry Greffulhe fait penser à Barbe Bleue.
Elle est très proche de sa mère surnommé Mimi. Elle décède le 26 décembre 1884. Son père se remarie avec Mathilde de Barandarian car il  n'accepte pas la solitude.


Elle met au monde une fille nommé Elaine. Elle a une nurse qui l'élève. Elle a mal vécu sa grossesse, mais cela n'empêche pas d'avoir pris de l'assurance d'elle même.
Elle prend goût à la vie mondaine. Elle  a une loge à l'opéra de Paris, ainsi qu'à la comédie française.
Elle est invitée au bal costumé de la princesse de Sagan.

Robert de Montesquiou








Elle est proche de Robert de Montesquiou avec qui elle est parente. C'est grâce à lui qu'elle rencontre Marcel  Proust, le Prince de Polignac. En 1886 Robert de Montesquiou lui présente Gabriel Fauré. Elisabeth Greffulhe devient une figure incontournable de la Belle époque et dans tous les domaines que cela soit artistique et politique. Elle est la reine du 8 rue d'Astorg. Elle est l'ami de Rodin. 


Armand de Grammont
En 1904, elle marie sa fille Elaine à l'église de la Madeleine . Cette dernière a une grande admiration pour sa mère. Elle se marie avec Armand de Grammont et il se trouve être le frère aîné d'Elisabeth de Grammont.
Elisabeth Greffulhe après trente cinq ans de mariage pense au divorce.
Durant la première guerre mondiale, elle est une femme dévouée, elle se rend utile à Bordeaux.
La propriété d'Henry Greffulhe à Bois Bourdan sert de centre d'accueil des convalescent de la guerre de 14. " "On la voit dans les hôpitaux où elle supervise les pansements à l'ambrine, "cette nouvelle préparation qui est merveilleuse et que j'ai pu faire accepter dans les principaux hôpitaux de Bordeaux". Plus que jamais, elle se sent utile, et admirée des plus grands, comme Clemenceau, qui lui déclare : "Il n'y a plus en France que deux personnes intelligentes : vous et moi ! "". 
Elle est résolument dreyfusarde dans son milieu très majoritairement antisémite, favorable à la reconnaissance de l’égalité des femmes sans être féministe, proche de Léon Blum, Georges Clémenceau, Joseph Caillaux, Gustave Le Bon. C'est une femme curieuse qui s'intéresse à la science et c'est comme cela qu'elle soutient Marie Curie dans ses recherches. " La comtesse Greffulhe a rencontré les époux Curie par l'intermédiaire de Georges Urbain , directeur de la faculté de physique-chimie à la Sorbonne. Ces savants austères qui ont voué leur vie à la science, vivent à cent mille lieues de l'univers mondain du gratin parisien. "Elle suit des cours au Collège de France en autodidacte. Pour elle l'avenir est au plastique ! (cela fait sourire de nos jours le plastique est polluant).

 Marcel Proust qui entretint avec elle une correspondance et une relation complexe de dédain-admiration. En fait, cette femme hypersensible à maintes formes d’art, est passée à côté du génie de l’auteur et ne lut jamais La Recherche …





Laure Hillerin dresse un portrait étincelant  d'une personnalité d'exception : élégante, mais aussi généreuse, artiste et visionnaire décédé à l'âge de 92 ans en 1952.  Elisabeth Greffulhe joua un rôle de premier plan dans le renouveau de la création musicale au tournant du siècle, lança les Ballets russes, et apporta un soutien décisif à Marie Curie ou Edouard Branly. Courageuse et sans préjugés, la comtesse prit le parti de Dreyfus, tint un salon politique et diplomatique influent, agit pour l'émancipation des femmes. Rien ne laissera jamais percevoir le mystère et la douloureuse solitude d'une épouse otage d'un mari volage et manipulateur, amoureuse écartelée entre la passion et la raison. Cette biographie très documentée d'une grande richesse est une petite merveille. 

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