Edvard Munch
Au mois d'octobre 2022, j'ai vu l'exposition du peintre norvégien Edvard Munch au Musée d'Orsay : un poème de vie, d'amour et de mort. Ses obsessions sont : la mort, le désespoir, le sexe, l'angoisse et la dépression. Il est le peintre de la mélancolie.
L'autoportrait à la cigarette 1895
Edvard Munche (1863-1944) est initié dès l'enfance au dessin et à la peinturer par sa tante qui l'éléve depuis le décès de sa mère. En 1885, il séjourne à Paris, il visite les musées et découvre les oeuvres des artistes naturalistes mais également des impressionnistes. Il peint se proche dont ses soeurs Inger et Laura, il fait leur portrait. Il explore l'âme humaine : l'amour, l'angoisse, le doute existentiel.
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| Le cri |
Le cri est sont tableau le plus célèbre, qu'il déclinera en plusieurs versions, selon des techniques différentes, en peinture et en gravure
Les portraits de Munch expriment également une conscience aiguë de la souffrance de la vie, de la difficulté à créer, et du caractère inéluctable de la mort.
"La maladie, la folie et la mort étaient les angles qui se sont penchés sur mon berceau". Il perd sa mère de la tuberculose à l'âge de cinq ans, sa soeur Sophie son ainée décédé
elle aussi de la même maladie. Son père était profondément croyant, une lourde atmosphère grave et austère régne dans la maison. Son autre soeur Laura va développé d'important trouble psychologique et elle sera internée. Son frère Andréa décède à l'âge de vingt cinq ans d'une pneumonie
L'enfant malade fait écho à la mort précoce de sa soeur aînée, il affirme la vocation universelle de ses oeuvres, qui dépassent t par leur force l'évocation d'un événement personnel.
Explorer l’âme humaine
« On ne doit plus peindre d’intérieurs, de gens qui lisent et de femmes qui tricotent. Ce doit être des personnes vivantes qui respirent et s’émeuvent, souffrent et aiment. Je vais peindre une série de tableaux de ce genre – Les gens en comprendront la dimension sacrée et ils enlèveront leur chapeau comme à l’église. » — Carnet de notes, 1889-1890
La danse de la vie. Les jeunes filles sur le pont
Munch le symbolise par la chevelure de la femme, qui relie, attache ou sépare. Ce motif devient un élément presque incarné, qui matérialise les relations entre les personnages et rend visibles leurs émotions.
Dans ses évocations du sentiment amoureux, l’artiste projette une vision complexe et toujours ambivalente de la femme. Les figures empreintes de sensualité sont toujours chez Munch une source de danger ou de souffrance potentielle. Alors qu’il fait de sa Madone une icône, un sujet de dévotion, il l’associe pourtant souvent au macabre.
Munch s’initie à la gravure, l'eau-forte, la lithographie, la gravure sur bois et sur zinc dès 1895.
Munch se confronte régulièrement au théâtre de ses contemporains, qu’il l’envisage comme source d’inspiration littéraire ou qu’il s’intéresse à la mise en scène moderne et son nouveau rapport à l’espace dramaturgique. Ses premières expériences avec le monde du théâtre datent de sa rencontre en 1894 avec Aurélien Lugné-Poe, directeur du nouveau Théâtre de l’Œuvre. À l’occasion d’un séjour en France, il réalise en 1896 puis en 1897 les programmes illustrés de deux pièces du dramaturge norvégien Henrik Ibsen, Peer Gynt et John Gabriel Borkman.
Les revenants
Dix ans plus tard, Munch s’investit dans la production d’une pièce, entamant ainsi sa première véritable collaboration avec un metteur en scène. Il collabore avec l’Allemand Max Reinhardt, pour réaliser les décors d’Hedda Gabler, les Revenants d’Ibsen,
Il collabore aussi avec le dramaturge suédois August Strindberg.
Dans les premières années du XXe siècle, Munch participe à plusieurs grands projets décoratifs et se confronte à la question de la peinture monumentale. Les programmes iconographiques qu’il élabore s’intègrent pleinement à ses réflexions en reprenant des thèmes et des motifs déjà présents dans ses œuvres. En 1904, pour répondre à une commande de son mécène Max Linde, il réalise une série de peintures pour décorer la chambre de ses enfants.
Il y reprend certains sujets constitutifs de La Frise de la vie et ajoute des évocations plus directes de la nature. « La frise de la vie a été pensée comme une série cohérente de tableaux, qui doivent donner un aperçu de la vie. J’ai ressenti cette fresque comme un poème de vie, d’amour, de mort… ». (La Frise de la vie, 1919)
Entre 1909 et 1916, Munch répond à un concours national organisé à l’occasion du centenaire de l’indépendance de la Norvège, et réalise son grand œuvre en matière de décoration architecturale: un décor pour la salle d’honneur de l’université de Kristiania. Munch joue dans ce projet à dimension politique une grande part de sa renommée internationale. Il lui faudra de nombreuses années pour convaincre le jury et réaliser plusieurs essais avant d’arriver au résultat final, toujours en place de nos jours.
Les trois œuvres présentées dans cette section de l'exposition annoncent ce qui sera au cœur de la création de Munch durant plusieurs décennies : l’exploration et l’expression des grands mouvements de l’âme – l’amour, l’angoisse, le doute existentiel. Il revient ainsi sa vie durant, de façon quasi obsessionnelle, sur un nombre resserré de thèmes dont il remanie sans cesse le sens, marquant l’évolution de sa peinture vers le symbolisme au tournant des années 1890.
Puberté occupe une place à part dans la peinture de Munch. Elle initie un questionnement majeur dans son œuvre sur le passage entre deux âges, sur cet état d’instabilité caractéristique des moments déterminants de la vie.
En 1937, 82 de ses oeuvres sont confisquées aux collections de musées allemands car jugées "dégénérée"par les nazis. Il décède à Munich le 23 janvier 1944, l'ensemble de ses oeuvre de son atelier et les manuscrits sont légués à la ville d'Oslo.




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