William Blake

William Blake

" Il existe tout un peuple de Blake : Blake révolté, rebelle et libertaire, Blake irréductible et créateur d'un monde nouveau, Blake prophète, chargé d'une mission, Blake annonciateur de la modernité ..."

Chritisne Jordis ouvre son essai en analysant plusieurs gravures de William Blake.

Il dessine, peint, grave, écrit de longs poèmes prophétiques. C'est à l'intensité de sa vision qu'on doit ses gravures hallucinées, ses teintes d'un autre monde, ses apocalypses décrivant la détresse et la terreur de son temps. Il était pris pour un fou. D'ailleurs, c'est par les gravures qu'elle a découvert William Blake. 

Il est né au-dessus d’une échoppe de bonnetier, à Londres. Après avoir vu Dieu à huit ans, puis un arbre « rempli d’anges », il dessina, peignit, grava, écrivit de longs poèmes prophétiques. Blake était un révolutionnaire , un visionnaire, un anticlérical, un pacifiste,  il a voulut changer l’homme et le mondeCes parents conscients de la personnalité atypique et hypersensible de leur fils, ils l'envoient à dix ans dans une école de dessin, où il composera ses premiers poèmes. Il va devenir élève du graveur James Basire à quatorze ans. Dans l'abbaye de Westminster qu'il apprend son métier de graveur. 

Hécat
En 1782, il épousa Catherine Boucher, une fille de maraîcher. Avec elle, il apprit à lire et à écrire et elle devint sa proche assistante et son soutient. Mais sa vision s'étend bien au-delà d'un horizon politique borné par des politiciens qu'il méprise. William Blake a illustré les œuvres de Shakespeare et Milton, puis Dante. Swedenborg , un suédois mystique.
 Son interprétation radicale des mystères chrétiens, Blake la doit en partie à Swedenborg "le prophète du Nord" le célèbre théologien et voyant suédois de la fin du XVIII ième.

Nabuchodonosor (créature mi-homme, mi-bête)
À l’argent-roi, il opposa l’esprit, c’est-à-dire la poésie et l’art. Il a été rejeté par son époque, condamné à la solitude et à la pauvreté, il n’en continua pas moins de poursuivre son chemin jusqu’à sa mort. William Blake est mort pauvre mais en chantant.  Christine Jordis nous présente avec passion ce grand poète William Blake et elle veut à tout pris que le lecteur  l'apprécie à sa juste valeur. William Blake était un homme complexe concernant la pensée. Il faut selon lui, voir avec les yeux, au travers derrière l'objet.
Pour Christine Jordis William Blake est notre contemporain. L' essai  sur  ce visionnaire , de Christine Jordis est passionnant.


 Les Chants d’Innocence Frontispice et page de titre - 1789 eau-forte en relief et aquarelle 144 x 204 mm The Wormsley Library. © The Wormsley Library, Grande Bretagne
1789-1793 : Premier poèmes "enluminés" à la manière de manuscrit médiévaux, ils sont destinés aux enfants.


Traduit par : Marie Odile Fortier -Masek 
Le roman de Tracy Chevalier se déroule durant l'année 1792 à Londres.
 Thomas Kellaway ébéniste, lui et sa femme et ses deux enfants ont répondu à l'invitation de Philip Astley pour s'installer à Londres. Ils arrivent de la campagne anglaise du Dorset. Maggie et les enfants Kellaway font connaissance et ils sympathisent avec leur voisin William Blake et son épouse Kate, elle est aussi sa collaboratrice. Il imprime lui même ses ouvrages, il possède une presse. Il est graveur, poète, il sera le guide spirituel des adolescents tandis qu'ils franchissent le chaotique et exaltant passage de l''innocence" à l'"expérience". C'est en 1791, qu'il rencontre des libres penseurs qui partagent les idées de la révolutions française. C'est pour cette raison qu'il porte un chapeau rouge. L'innocence, être innocent mots qui reviennent souvent. L'innocence de l'amitié entre Jem et Maggie, le livre de Blake "Les Chants d’Innocence "qui tient sa place dans ce roman, les êtres innocents qui sont morts durant la révolution française durant l'été de 1792." C'était ainsi que Jem aimait la regarder, à son insu, parfaitement heureuse et insouciante quand tombait le masque et que son angoisse naturelle cédait un moment la place à l'innocence"
Le rapport entre William Blake et les adolescents (Jem, Maggie et Maisie) sont très touchants remplis de douceurs et de bontés et remplit de reconnaissance réciproque. Le cirque tient une grande place dans ce roman, il apporte une touche de merveilleux. Thomas Kellaway sera engagé par Philip Astley le directeur du cirque comme menuisier.
William Blake vient de perdre sa mère. Les enfants qui suivent les Blacke qui se rendent à l'enterrement, traversée dans Londres c'est un très beau, long passage magnifique dans ce roman. Maggie est un guide excellent qui connaît Londres comme sa poche même dans le brouillard.Ce roman est un voyage initiatique au cœur de Londres de la fin du XVIIIème siècle. Le peuple londonien perçoit les échos sanglant de la Révolution française. Mr Blake sourit. " Oui mon garçon, oui ma fille, la tension entre les contraire, voilà ce qui nous fait devenir nous-mêmes. Nous avons en nous l'un comme l'autre se mêlant, se heurtant, crépitant. Nous lumière, nous sommes pénombre. Nous sommes en paix, nous sommes en guerre. Nous sommes innocents, mais nous ne sommes pas nés d'hier." Ce peuple anglais a peur pour son roi, a qui il est fidèle. Une autre parole de William Blake à propos du climat social qui règne en France, il est le défenseur de la classe ouvrière, il est considéré comme suspect. William Blake était avant tout un homme libre. Mr Blake approuva de la tête "Oui, ma gille. D'enfants, d'être faibles et démunis. D'enfants perdus qui ont faim et froid. Le gouvernement n'aime pas qu'on lui reproche de ne pas veiller sur ceux dont il a la charge. Ils s'imaginent que je veux fomenter une révolution du genre de celle qui déchire la France."
Un livre somptueux de finesse, de luminosité, un énorme plaisir de lecture. Passionnant ! Un vrais coup de cœur ce roman magnifique, d'une grande fraîcheur. Personnellement je le trouve beaucoup plus intéressant que la jeune fille et la perle. Je le souligne car pour des raisons marketing, ce livre est souligné d'un bandeau qui le rapproche à ce livre là qui a connu un immense succès via le film.
Puis aussi je me rends compte quelques jours après ma lecture comme quoi je suis comme Tracy Chevalier, c'est à dire en admiration devant cet artiste de génie énigmatique. Dans le numéro 33 de Muze Tracy Chevalier dit la chose suivante à propos de William Blake :
" Blake est si difficile à cerner que je ne pouvais en faire un personnage principal. J'ai préféré aborder son œuvre par l'intermédiaire du regard de ses voisins. Ils observent les excentricités de Blake, sans vraiment les comprendre. Je souhaitais que mes personnages principaux soient des adolescents."