Rue Campagne-première
Les années 1923 – 1929 « années folles » ayant régi toute l’activité artistique du quartier Montparnasse. Aragon : « Lorsque tu descendais à l’Hôtel Istria, / Tout était différent rue Campagne Première / En mille neuf cent vingt-neuf vers l’heure de midi… Bientôt le poète russe Maïakovski débarque en ce lieu, le 9 novembre 1924 ; il dit : « c’est le petit hôtel le meilleur marché et le plus propre qui soit : je fais des économies et j’essaye de ne pas trop traîner à droite et à gauche… »

Francis Picabia et Erik Satie sont venus là pour travailler à leur ballet « Relâche » qui sera monté le 5 septembre 1924 par Germaine Everling, réveillée la nuit par les folles dégringolades dans les escaliers, de Kisling… Radiguet vécut un amour avec Bronya. Elsa Triolet vécut à cet hôtel jusqu’à sa rencontre avec Aragon à la Closerie des Lilas en 1929.
Cet immeuble a été le domicile de nombreux artistes, parmi lesquels il est possible de citer Kiki de Montparnasse et Elsa Triolet, le photographe Man Ray, le peintre Chaïm Soutine, la photographe Dora Maar, le sculpteur César, le plasticien Jean-Pierre Raynaud, l’écrivain Louis Aragon, ou encore l’historien et critique d’art Pierre Restany.
L'immeuble est une oeuvre de l’architecte André Arfvidson en béton armé, datée de 1911. Son style est intéressant car il est à la charnière entre une architecture décorative - l’Art Nouveau - et une architecture épurée et libérée des contraintes historiques. 

Construit en béton armé et percé de grandes baies vitrées, l’édifice abrite dix-huit ateliers donnant sur la rue Campagne-Première et quatre autres sur le passage d’Enfer. Pour embellir la façade principale donnant sur la rue Campagne-Première, André-Louis Arfvidson fait appel au céramiste Alexandre Bigot qui la revêt d'un carrelage en grès flammé.

Au bout de la rue Campagne Première que s’écroule et meurt Michel Poiccard (incarné par Jean-Paul Belmondo), le héros d’A bout de souffle, le film culte de Jean-Claude Godard.



