Jean Jacques Henner - Portrait





Le musée national Jean Jacques Henner est installé dans l'ancien hôtel particulier de l'avenue de Villier de Guillaume Dubufe (1853-1909).

 Il était un peintre mondain de la Plaine Monceau de la Belle époque. Guillaume Dubufe (1853-1909) Son architecte, Nicolas Félix Escalier (1843-1920), est aussi celui de l’hôtel particulier de l’actrice Sarah Bernhardt, situé rue Fortuny. Sans être des intimes, les deux peintres se connaissaient et Henner était parfois invité à dîner chez Dubufe au 43 avenue de Villiers.

Jean Jacques Henner
 Jean Jacques Henner portrait Carolus Duran
Peintre de la III république, il avait installé son atelier place Pigalle. Il a beaucoup peint de portraits Jean-Jacques Henner habitait rue La Bruyère et avait son atelier 11 place Pigalle. Si Dubufe menait grand train et animait chez lui nombre de soirées mondaines, Henner, vieux garçon, recevait peu ; en revanche, il sortait très fréquemment, soit chez des amis, soit au restaurant avec les différents cercles dont il faisait partie, comme celui des «Caldarrosti » (anciens élèves de Rome) ou de « l’Alsace à table »... C’est dans son atelier de la Place Pigalle qu’il accueillait volontiers ses amis et ses admirateurs. 

L’Alsace. Elle attend est une commande d’épouses d'industriels de Thann, faite à l’initiative d’Eugénie Kestner.

Le tableau est offert à Léon Gambetta (1838-1882) qui est alors un des plus farouches opposants à l’abandon de l’Alsace-Lorraine au nouvel Empire allemand suite à la guerre de 1870. Dans le contexte d’exacerbation du sentiment patriotique qui suit la défaite française, le tableau de Henner devient rapidement emblématique de la souffrance de l’Alsace, douleur qui est aussi celle d’un peintre très attaché à sa terre natale. Ce n’est pas un portrait mais une personnification de l’Alsace, une allégorie qui appartient au monde réel : une jeune Alsacienne en deuil, simple et digne.

À cette époque le peintre adopte un style naturaliste comme en témoigne sa Femme au divan noir exposée au Salon de 1869 (Mulhouse, musée des Beaux-Arts).

Femme au divan noir


Henner fait le portrait de Thérèse Bianchi (1870-1940)  vers 1888-1889. Ce portrait appartient à une collection privée. 

Dans cette étude, le peintre porte une attention particulière au traitement du regard, dont la dureté et la noirceur dénote avec l’image attendue d’une jeune fille de bonne famille.

Thérèse Bianchi, brillante salonnière et femme de lettres, devient la Comtesse Murat en janvier 1894 par son mariage avec Gaëtan-Joachim Murat, officier d’artillerie. Lorsque Jean Jacques Henner la peint , elle est encore jeune fille issue d'une famille bourgeoise et fortunée. 


La comtesse Alice Kessler (1844-1919) 

est une figure mondaine et salonnière de la société parisienne de l’époque. Son portrait fut entrepris grâce à Mme Charles Beulé qui dit à Henner :« Vous aurez une chevelure admirable à peindre ». Ce tableau n’est pas le portrait final mais une grande étude qu’Henner avait gardée dans son atelier.

Laura Leroux
 
(1872-1938)

Ce tableau représente une jeune femme prenant la pose : elle se tient debout, immobile, devant un fond neutre. Le bleu de Prusse fait ressortir la carnation laiteuse et le costume noir. L'expression du visage n'est pas aisée à définir. La jeune femme est-elle inquiète ou inquiétante ? Sûre d'elle ou mélancolique ?
L'artiste accentue le mystère grâce à de larges coups de pinceau striant le fond, alors que les contours de la figure, les boucles de la chevelure et le bord de la veste s'estompent de manière suave. 
Un violent contraste lumineux laisse tout un pan du visage dans l'ombre. Seules deux touches colorées rehaussent l'ensemble : un bracelet doré au poignet et un noeud rouge au col de la robe. 
Le tableau représente Laura Leroux, la fille d'un ami peintre, à l'âge de 26 ans. Henner, célèbre pour ses nombreux portraits, met ses modèles en valeur en choisissant soigneusement les nuances du fond, ainsi que la pose et les accessoires. Le portrait révèle alors la psychologie du modèle. (Musée d'Angers)








































(source Musée Jean Jacques Henner)