Dora Maar
Brigitte Benkenmoun :
Je suis le carnet de Dora Maar
Une biographie très originale, sous forme de jeu d'énigmes grâce à un carnet trouvé par hasard sur eBay.
"Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951."
Brigitte Benkemoun va jouer le rôle de détective et elle va devoir faire parler ce carnet pour cerner la personnalité de Dora Maar. Son vrais nom est Henriette Theodora Markovitch fille d'un croate et d'une mère française, elle va raccourcir son prénom et pour non de famille, elle choisira Maar qui signifie cratère en allemand, ce pseudonyme se rapporte au feu et il lui correspond bien.Très intéressant de pouvoir remonter le fil du courant avec des personnages inscrits dans le répertoire de Dora Maar, apparaissent les adresses d'Eluard, Cocteau, Douglas Cooperland et tant d'autres … mais aussi celui du plombier, du vétérinaire, l'institut de manucure. Elle a fait partie des surréalistes, elle a été l'amie de Breton et la maîtresse de Georges Bataille.
"Par la porte tambour du café des Deux Magots, Pablo Picasso fait son entrée, flanqué de Sabartés, son austère secrétaire, et de son nouveau meilleur ami, le poète Paul Eluard. En balayant d'un coup d'œil la salle enfumé, il repère immédiatement un fume-cigarette du bout de ses doigts gantés. Dora Maar l'a vu aussi. " "De son sac elle sort un couteau, et s'amuse à le planter dans la table .... Entre ses doigts ... De plus en plus haut... De plus en plus près .... Si près que le sang commence à perler puis couler sur sa peu claire. Picasso la dévore des yeux... Mais, sans même essuyer sa main , sans un regard pour le peintre , elle renfile son gant. Le spectacle est terminé ! Picasso sidéré subjugué !"Les époques se mélangent, une vie défile et un portrait se dessine. Dora Maar est une personne complexe et méconnue. C'est un portrait vivant, d'une femme blessée, malade, et complexe à la personnalité excessive. Deux ans de recherche avec des rencontres, des fausses pistes, des rendez-vous pour Brigitte Benkemoun. Elle s'est retrouvée sur le divan du psychanalyste,Jacques Lacan après sa rupture avec Picasso. Elle va faire la connaissance de Brassaï, mais aussi de Marie Laure de Noailles. En creux aussi elle dresse un portrait de Picasso, un macho collectionneur de femmes : sa première femme Olga Khokhlova, et celle qu’elle appelait la « crémière », Marie-Thérèse Walter, la mère de sa fille très aimée Maya. Elle sera finalement abandonnée pour une « jeunesse » Françoise Gilot (qui sera la mère de Claude et de Paloma).
Elle finit ses jours dans la maison de Ménerbes qu’il lui avait offerte en guise de cadeau d’adieu. Là, elle renait et vit simplement, elle survit grâce à l'art (peinture et la photographie). Elle devient mystique.
Je connaissais Dora Maar en tant que muse de Picasso et pour avoir vu un très beau téléfilm "La femme qui pleure au chapeau rouge " de Jean-Daniel Verhaeghe, avec Amira Casar (Dora Maar) et Thierry Frémont (Pablo Picasso). Le réalisateur y retrace, à travers quelques dates de 1935 à 1973, la relation passionnée et mortifère que la photographe Dora Maar, a l'âge de 28 ans, connue pour ses collages surréalistes. Pendant sept ans elle entretient une relation passionnée avec Pablo Picasso, alors âgé de 54 ans.
